dimanche 24 avril 2011
E-Mote - la télécommande qui fonctionne par la pensée se fait autopsier
Si vous ne l’avez pas déjà vue à la télé, voici la publicité concernant une télécommande révolutionnaire, l’E-mote. Selon la pub qui rassemble tous les ingrédients d’un bon gros coup viral, l’E-mote vous ? permet de choisir les programmes via la pensée. E-mote détermine parmi les chaines dont vous disposez celle qui correspond à vos envies, puis transmet instantanément l’information à votre téléviseur. ?
Alors, voulez-vous savoir qui se cache derrière ce coup de pub ? Réponse en page suivante…
Je l’ignore, mais il est possible de déduire quelques coupables.
Indice 1 : Tout d’abord, les commanditaires ont de l’argent. Pour se payer des campagnes de pub télé sur TF1, Arte ou France 5, il faut avoir des moyens financiers assez colossaux. Aucune nouvelle société n’aurait les moyens d’arroser ainsi les cha?nes en faisant en plus du teasing.
Indice 2 : ? Avec E-Mote, pour voir un programme, il suffit d’y penser ?. On peut donc imaginer soit un nouveau système de VOD, soit un nouveau bouquet de cha?nes TNT,…
Indice 3 : dans la pub, ils regardent du sport, un dessin-animé, un doc animalier, un western, du sport encore, et pas de porno.
Indice 4 : en regardant le nom de domaine www.emote-tv.com, on apprend qu’il a été acheté par Euro RSCG, une boite de communication et de conseil en marketing.
Conclusion : Parmi les clients d’Euro RSCG, il y a 2noms qui pourraient correspondre avec l’hypothèse d’un bouquet de chaines TNT : Canal + et Orange. Les deux sociétés ont les moyens de s’offrir un teasing national. Je pencherais même pour Orange qui a besoin de développer son offre et sa communication. Mais bon, je ne suis certain de rien. Pour le savoir, rendez-vous en mai. Si vous avez des hypothèses, faites-vous plaisir en commentaire.
montres ferrari
dimanche 17 avril 2011
Train, Europe, jeunesse - à tous les coups, le tiercé gagnant
Lorsque l’on revient de voyage, on ne sait jamais trop comment raconter son aventure. On se souvient plus de certaines visites, des lieux nous échappent et on raconte tout dans le désordre. Alors on se dit : ? Nous allons regarder les photos et je les commenterai ! ? Pour le voyage transeuropéen, nous sommes revenus avec 7798 photos. Pour un diaporama, il faudra prévoir un casse-cro?te !
Notre périple à débuté par Londres. Cette ville qui ne dort jamais a ébloui les élèves comme les accompagnateurs par son bouillonnement culturel et son rythme de vie trépidant. Nous étions survoltés. Plusieurs visites au programme : musées, la ville, des quartiers typiques, Chelsea… Nous avons marché des kilomètres de monuments en monuments, nous avons même suivi la trace de Jack the Ripper, la nuit tombée. Parlons-en de la nuit, la dernière à Londres f?t plus courte encore que les autres. En effet, départ en cabs à 5 heures du matin pour Luton Airport. Direction Prague…
Praha. L’immortelle. Nous avons eu la chance de voir Prague sous la neige. Chance pour les uns et désespoir pour certains frigorifiés d’entre nous. Il ne faut pas oublier l’origine de la plupart de nos compagnons, surtout ici, dans un pays qui est resté si longtemps fermé à l’immigration. Je crois que de tout ce voyage, c’est ici, à Prague, que les repères socio-culturels de nos jeunes furent les plus ébranlés. Ces contrastes météorologiques et culturels furent néanmoins vite oubliés par la rencontre de plusieurs jolies filles très accueillantes ! Chaque jour, de plus en plus déboussolés par la vie praguoise, nous étions heureux de rentrer à l’auberge, sans doute beaucoup plus confortable que celle de Londres.
Un périple aussi important ne se fait pas sans inconvénients. Encore les bagages, un maigre casse-cro?te et, cette fois-ci, 6 heures de train. Pour Berlin, c’est un moindre effort ! Pour décrire Berlin, il faut plus d’une page. Cette ville est un ph?nix qui rena?t de ces cendres, mais d’une fa?on exponentielle. Elle est à la fois accomplie et affirmée, et en chantier ! Berlin est une ville éternelle. Ici, je crois que nous n’avons pas seulement été impressionnés, nous avons été dépassés, voire transcendés ! L’impressionnante Hauptbanhof, l’indescriptible parlement, la Potsdamer Platz, les couleurs des fa?ades, des cheveux, des peaux… Berlin est une ville libérée.
La visite de certains sites et musées nous ont rappelé la bouleversante histoire mondiale dont Berlin f?t l’épicentre. Cette tragédie, pourtant encrée dans la mémoire collective, semble ne pas affecter la vie sociale des Berlinois. La vie nocturne est mouvementée. Les bars, cafés branchés, galeries d’art et discothèques vivent à pleine allure et les rues sont animées d’une ambiance que mes mots ne savent pas décrire. Tout comme notre auberge (on y revient toujours), ouverte H24, 500 logeurs de tout les pays, un service, une restauration et des chambres au top : Berlin c’est à vivre en 3D !
00h06, train couchette en direction de Bruxelles. Encore une petite nuit… Changement de train à Cologne à 6 heures du matin et arrivée Gare du nord à Bruxelles à 9h30. Direction le métro, c’est là que j’ai croisé Beno?t Poelvoorde. Bref… ? Nous sommes tous très épuisés, mais après le déjeuner, nous irons nous balader en ville. ? Notre séjour à Bruxelles s’est fait sous le signe de la rencontre. Nous avons visité le parlement européen et bien discuté avec l’attachée parlementaire de notre député, M. Pribetich. Nous avons rencontré des étudiants qui nous ont sortis pour une promenade en ville. Nous avons eu aussi la chance de faire connaissance avec Tintin, Milou, Gaston, Lucky Luke, Spirou, Grand Schtroumph, Boule et Bill…
Nous avons bien apprécié la convivialité des Bruxellois, ils sont très chaleureux et avenants. Pour finir en beauté, comme les repas ont eu une importance capitale dans notre séjour, nous avons fini ce voyage par un repas gastronomique au musée de la B.D. Bruxelles f?t un vrai un régal !
Un voyage culturel à 100 à l’heure qui permet à chacun d’en apprendre beaucoup et brise le train-train quotidien. Au fait, à quelle heure mange-t-on ?
Frédéric Gagné, accompagnateur lors du voyage
Le programme Transeuropéen est initié par la Fondation Solidarité Sncf et le mouvement européen France. Retrouvez plus d’anecdotes sur le voyage sur « Chen?ve aux quatre coins d’Europe »
breitling montres
Notre périple à débuté par Londres. Cette ville qui ne dort jamais a ébloui les élèves comme les accompagnateurs par son bouillonnement culturel et son rythme de vie trépidant. Nous étions survoltés. Plusieurs visites au programme : musées, la ville, des quartiers typiques, Chelsea… Nous avons marché des kilomètres de monuments en monuments, nous avons même suivi la trace de Jack the Ripper, la nuit tombée. Parlons-en de la nuit, la dernière à Londres f?t plus courte encore que les autres. En effet, départ en cabs à 5 heures du matin pour Luton Airport. Direction Prague…
Praha. L’immortelle. Nous avons eu la chance de voir Prague sous la neige. Chance pour les uns et désespoir pour certains frigorifiés d’entre nous. Il ne faut pas oublier l’origine de la plupart de nos compagnons, surtout ici, dans un pays qui est resté si longtemps fermé à l’immigration. Je crois que de tout ce voyage, c’est ici, à Prague, que les repères socio-culturels de nos jeunes furent les plus ébranlés. Ces contrastes météorologiques et culturels furent néanmoins vite oubliés par la rencontre de plusieurs jolies filles très accueillantes ! Chaque jour, de plus en plus déboussolés par la vie praguoise, nous étions heureux de rentrer à l’auberge, sans doute beaucoup plus confortable que celle de Londres.
Un périple aussi important ne se fait pas sans inconvénients. Encore les bagages, un maigre casse-cro?te et, cette fois-ci, 6 heures de train. Pour Berlin, c’est un moindre effort ! Pour décrire Berlin, il faut plus d’une page. Cette ville est un ph?nix qui rena?t de ces cendres, mais d’une fa?on exponentielle. Elle est à la fois accomplie et affirmée, et en chantier ! Berlin est une ville éternelle. Ici, je crois que nous n’avons pas seulement été impressionnés, nous avons été dépassés, voire transcendés ! L’impressionnante Hauptbanhof, l’indescriptible parlement, la Potsdamer Platz, les couleurs des fa?ades, des cheveux, des peaux… Berlin est une ville libérée.
La visite de certains sites et musées nous ont rappelé la bouleversante histoire mondiale dont Berlin f?t l’épicentre. Cette tragédie, pourtant encrée dans la mémoire collective, semble ne pas affecter la vie sociale des Berlinois. La vie nocturne est mouvementée. Les bars, cafés branchés, galeries d’art et discothèques vivent à pleine allure et les rues sont animées d’une ambiance que mes mots ne savent pas décrire. Tout comme notre auberge (on y revient toujours), ouverte H24, 500 logeurs de tout les pays, un service, une restauration et des chambres au top : Berlin c’est à vivre en 3D !
00h06, train couchette en direction de Bruxelles. Encore une petite nuit… Changement de train à Cologne à 6 heures du matin et arrivée Gare du nord à Bruxelles à 9h30. Direction le métro, c’est là que j’ai croisé Beno?t Poelvoorde. Bref… ? Nous sommes tous très épuisés, mais après le déjeuner, nous irons nous balader en ville. ? Notre séjour à Bruxelles s’est fait sous le signe de la rencontre. Nous avons visité le parlement européen et bien discuté avec l’attachée parlementaire de notre député, M. Pribetich. Nous avons rencontré des étudiants qui nous ont sortis pour une promenade en ville. Nous avons eu aussi la chance de faire connaissance avec Tintin, Milou, Gaston, Lucky Luke, Spirou, Grand Schtroumph, Boule et Bill…
Nous avons bien apprécié la convivialité des Bruxellois, ils sont très chaleureux et avenants. Pour finir en beauté, comme les repas ont eu une importance capitale dans notre séjour, nous avons fini ce voyage par un repas gastronomique au musée de la B.D. Bruxelles f?t un vrai un régal !
Un voyage culturel à 100 à l’heure qui permet à chacun d’en apprendre beaucoup et brise le train-train quotidien. Au fait, à quelle heure mange-t-on ?
Frédéric Gagné, accompagnateur lors du voyage
Le programme Transeuropéen est initié par la Fondation Solidarité Sncf et le mouvement européen France. Retrouvez plus d’anecdotes sur le voyage sur « Chen?ve aux quatre coins d’Europe »
breitling montres
lundi 11 avril 2011
Les soldes, c’est violent - « Elle pue de la bouche ! »
Autre phénomène propre aux soldes?: la violence qu’ils engendrent. Jamais je n’ai vu autant de femmes se disputer pour quelques bouts de tissus. Et ?a se marche dessus, ?a se bouscule, ?a court dans tous les sens, ?a s’excite aux caisses, bref, la femme est pleine de ressources. Je vous rapporte cette conversation entendue alors que je faisais la queue devant une caisse dans un grand magasin. Le contexte?: une jeune fille bien habillée se tient derrière moi et attend patiemment de passer en caisse pour payer le chapeau qu’elle a dans les mains. D’autres femmes arrivent, une mère et ses deux grandes filles. Elles sont d’origine maghrébine (tout leur dialogue se fait en arabe et fort heureusement, je comprends).
? La petite avec son chapeau bleu devant, elle nous a doublées ! dit l’une des deux grandes filles. – Oui je crois, elle était pas là??, acquiesce la seconde. Elles se mettent à taper du pied, à lorgner la fille, à souffler un peu trop fort, à regarder leurs ongles manucurés, dans l’attente d’un événement déclencheur. Qui ne tarde pas à arriver. La malheureuse avec son chapeau a, sans le vouloir, soufflé trop fort en direction des deux jeunes filles, qui ne la ratent pas (la mère se trouve devant un étalage, elle regarde des vêtements et viendra un peu plus tard dans le récit).
? Oh mon Dieu ! Un sac Prada, des chaussures Gucci et pas de dentifrice chez elle, ouffffff !??, dit une des filles en se pin?ant le nez, et en ventilant l’air avec un catalogue (petits gloussements et approbation de sa s?ur). La mère arrive : ? Elle était pas là, elle ! qu’elle dit, en désignant encore une fois la jeune fille, qui n’est nullement en tort, et qui ne sait absolument pas qu’elle est victime de railleries. – Oui, elle était pas là, mais laisse tomber, ne lui parle pas, tu risques de tourner de l’?il, maman. Tu as une santé fragile. – Pourquoi ? – Elle pue de la gueule !?? La jeune fille a fini par passer en caisse, payer et partir. Les trois autres femmes s’en sont donné à c?ur joie, mais la dispute n’a pas éclaté.
Classique au moment des soldes, le chapardage : une femme qui commet l’horrible erreur de poser deux secondes sur un portant, la dernière robe taille 38 qu’une autre convoitait. Le temps de ramasser les dix euros qu’elle a fait tomber et la robe n’est plus sur le portant. Chacun pour soi et Dieu pour tous?! Pas de solidarité pendant les soldes. Même entre amies. Là, c’est encore pire. Les amies. C’est tout un cas, elles nous disent qu’une veste ne nous va pas. Alors on la repose. Le c?ur lourd. Trois jours plus tard on voit notre ? amie ? se pavaner avec la fameuse veste. Tra?tresse?!
Et puis il y a les hommes. Eux aussi font les magasins. Et pas qu’un peu. Comme les femmes, ils portent d’énormes sacs remplis à ras-bord de vêtements, comme les femmes, ils se lèvent t?t pour bénéficier d’un plus large choix, et de bons prix. L’homme est de plus présent dans l’univers de la mode. Dans les défilés, les magasines, ou les boutiques, il est un marché qui grimpe et qui rapporte. Du coup les magasins lui accordent, à lui et à ses congénères, plus de places mais aussi de meilleurs prix, car jusqu’alors, la mode, pour les hommes, n’était pas très accessible.
Alors, les soldes, avantageux ou pas ? J’attendrai un peu avant de répondre à cette question, car pour la première démarque, les magasins, en principe, ne baissent pas les prix au maximum. On trouvera beaucoup de vêtements soldés à -50% en ce début de soldes. Mais la foule ne diminue pas, bien qu’elle sache que les étiquettes vont encore chuter. Ne cherchons pas à être rationnels, ?a nous gacherait le plaisir.
montres ferrari
lundi 4 avril 2011
Election, abstention et FN expliqués au grec
Un après-midi de glande, devant la télé, avec les Zinzins de l’espace, les Ratz, Woody Woodpecker… et puis les régionales et la grande gagnante, l’abstention. Alors, comment faire un reportage sur l’abstention quand on est à Montreuil, avachi dans le canapé ? Qui vais-je bien pouvoir interviewer ? Les Roms d’en face ? Les Maliens d’à c?té ? Les squatteurs de l’autre c?té ? Laisse tomber. Je saisis mon magnifique portable ? Samsing ? et fais défiler aussit?t mon répertoire pour voir qui je peux attraper pour cet article : Abdallah, Abdoulaye… Camil, Djouma… Djiby… Jessica Alba… Megan Fox… Faudrait d’ailleurs que je pense à prendre des news des deux dernières.
Bon finalement, je vais partir à l’aventure. On va faire ?a avec des gens ne faisant pas partie de mon cercle proche. Je me lance alors sur les pas de Céline Dormagen et Jean-Yves Braconnier (? La Démocratie de l’abstention ?) qui ont fait une étude à la Cité des Cosmonautes à Saint-Denis (si, si, cette cité existe vraiement) et le temps d’un article je me prends pour un chercheur du CNRS. Mon outil de recherche : Fesseback (pas de pub chez moi). Je me rappelle avoir lu un commentaire sur le statut d’un de mes ? amis ? au sujet des élections à Bobigny, d’un dénommé ? Rachid l’Ancien ?.
Celui-là, il a tout d’un grand. Je me décide à lui envoyer un message. Il me répond aussit?t. Le rendez-vous est pris le lendemain au grec sur l’esplanade de la cité Paul Eluard à Boboche. N’est-ce pas magnifique cette solidarité entre quartiers ? Ce qu’un journaliste de l’autre c?té du périph’ aurait mis plusieurs jours à faire, moi, petit Maghrébin adepte de cartoons et habillé en survêt’ peau de pêche déclassé, je le fais en deux heures top chrono ! Comme diraient mes bougs du 9-1 : ? C‘est ?a les bailles mec ! ?
Le lendemain soir, nous voici donc à Paul Eluard, des géants en bétons à perte de vue au pied desquels zigzaguent tramways, voitures et bus. Sur l’esplanade, là-bas, un groupe discute du match de Bordeaux contre l’Olympiakos, des étudiants se pressent de rentrer chez eux, les mères de famille finissant leur journée de travail pénètrent dans l’antre d’un des géants de bétons ; alors qu’à quelques pas, d’autres font un smack à Mariejeanne pour se catapulter le temps d’une taffe à la hauteur des géants.
Je retrouve alors les trois personnes avec qui Rachid l’Ancien m’a mis en contact : Slimane, 32 ans, brancardier ; Abdel, 23 ans, formateur ; Youssef, 37 ans, enseignant en maintenance dans un lycée professionnel. Le temps de commander chacun ce qui nous fera peut-être crever dans 20 ans d’une maladie cardio-vasculaire et la discussion commence. Slimane et Youssef ont voté dimanche dernier contrairement à Abdel, qui a opté pour l’abstention mais a quand même suivi les résultats sur internet. ? Je préfère, lance Abdel, regarder les résultats froidement sur le net car les journalistes parasitent les plateaux télés. Et tous ces experts qui essayent de se mettre dans la tête des gens pour expliquer leurs votes… ?
Slimane, lui, a suivi toute la soirée des résultats et note qu’? en ce qui concerne les candidats de gauche, ils n’étaient pas triomphalistes malgré la victoire. La droite, elle, ne voulait pas reconna?tre la défaite, elle se cachait derrière l’abstention. C’est un peu normal, on était qu’au premier tour, il reste encore le deuxième. La droite veut limiter les dégats car ils se voient perdre au second tour. ? Quant à Youssef, pour lui ? c’est la même rhétorique et chacun essaye de taper sur l’autre, j’ai trouvé ?a ridicule. C’est une défaite de la démocratie, ces élections ! Des instances comme les régions, proches des gens, qui brassent des milliards d’euros, et tout le monde s’en fiche ! C’est grave ! ?
Arrivés à mi-parcours de leur grec, les trois amis se lancent dans des pronostics pour le second tour. Abdel, même s’il s’est abstenu au premier, garde un oeil sur le déroulement de l’entre-deux -ours, ? même si l’ UMP a perdu, ils peuvent avoir un report de voix positif du FN. On peut avoir un second tour intéressant ?. ? Mais non, lui répond Slimane, il y a deux électorats fidèles, l’extrême droite et la droite classique. L’électorat qui n’a pas voté est surtout celui de gauche, celui de droite est discipliné. ?
Voyant la flamme du débat s’allumer dans le regard de mes compères d’un soir et avec les deux types à l’entrée du grec, qui zyeutent sur mon portable, je décide de reprendre la main. Une gorgée de ? TropPico ? et c’est parti coco (non, ceci n’est pas un appel au vote communiste) ! ? Mais comment expliquez-vous la forte abstention durant les régionales qui comportent pourtant des enjeux de proximité ? ?
? C’est un problème de pédagogie, lance Slimane, les gens connaissent pas les pouvoirs et compétences de la région, ils savent pas que les formations qu’ils font ?a vient de la région. Quand on vote aux municipales, c’est le maire, tu le vois, tu le connais, là, le président de région, tu le vois jamais ! En plus, franchement, ?a n’a pas été assez couvert par les médias, il n’y a pas eu de débat de fond et si t’as pas été aux meetings ou à des rencontres avec les candidats, c’est mort. ?
? Je pense, poursuit Abdel, que les partis politiques sont en train de faire payer à la démocratie leur logique de communication. Ils payent les dernières élections où ils ont multiplié l’affect. Ces abstentions sont le résultat de Royal en maillot de bain et de Sarko en Ray-Ban sur un yacht. ? Et Abdel, revenant sur le pourquoi de son abstention, l’explique ainsi : ? Par rapport à mes convictions j’aime pas les compromis. Il y a des choses qui me déplaisent et d’autres qui me plaisent dans les partis actuels, mais j’ai du mal à voter pour le moins pire. Pour moi, le parti qui est le plus en phase avec lui-même, si tu enlèves sa logique clientéliste et raciste qui consiste à faire peur à la petite vieille, c’est le FN. Concernant leurs approches sur la place de la nation dans le monde, la lutte contre la mondialisation, ?a peut être un bon parti. ?
Ce que regrettent surtout Slimane, Abdel et Youssef, c’est que l’on ait passé à la trappe nombre de sujets qui leur semblaient pourtant importants : le Grand Paris, dont on n’a plus de nouvelles, la fusion de la zone 1 et 2 pour le transport, une meilleure visibilité au niveau des propositions, sur l’emploi, l’éducation… Au final, n’ayant pas trouvé chaussure à leur pied, comme nombre d’habitants de Bobigny (qui a enregistré 70% d’abstention lors du premier tour), chacun refait le monde à sa manière.
Ce qui est s?r, c’est que les candidats durant ces élections n’ont rien révolutionné. Entre coups bas, propos déplacés aux sujets des origines, du casier judiciaire, j’en passe et des meilleures, les candidats ont la mémoire courte. Il y a trois ans à Villiers-le-Bel ont éclaté de nouvelles révoltes, avec leur lot de violences, d’incompréhensions et de fractures. Autour de moi, je constate de plus en plus de travaux, de chantiers en tous genres, mais toujours le même manque. Ce quelque chose qui fait tache, ce sentiment quotidien quand on marche dans nos quartiers que l’on n’est toujours pas égaux.
réplique de montre
Bon finalement, je vais partir à l’aventure. On va faire ?a avec des gens ne faisant pas partie de mon cercle proche. Je me lance alors sur les pas de Céline Dormagen et Jean-Yves Braconnier (? La Démocratie de l’abstention ?) qui ont fait une étude à la Cité des Cosmonautes à Saint-Denis (si, si, cette cité existe vraiement) et le temps d’un article je me prends pour un chercheur du CNRS. Mon outil de recherche : Fesseback (pas de pub chez moi). Je me rappelle avoir lu un commentaire sur le statut d’un de mes ? amis ? au sujet des élections à Bobigny, d’un dénommé ? Rachid l’Ancien ?.
Celui-là, il a tout d’un grand. Je me décide à lui envoyer un message. Il me répond aussit?t. Le rendez-vous est pris le lendemain au grec sur l’esplanade de la cité Paul Eluard à Boboche. N’est-ce pas magnifique cette solidarité entre quartiers ? Ce qu’un journaliste de l’autre c?té du périph’ aurait mis plusieurs jours à faire, moi, petit Maghrébin adepte de cartoons et habillé en survêt’ peau de pêche déclassé, je le fais en deux heures top chrono ! Comme diraient mes bougs du 9-1 : ? C‘est ?a les bailles mec ! ?
Le lendemain soir, nous voici donc à Paul Eluard, des géants en bétons à perte de vue au pied desquels zigzaguent tramways, voitures et bus. Sur l’esplanade, là-bas, un groupe discute du match de Bordeaux contre l’Olympiakos, des étudiants se pressent de rentrer chez eux, les mères de famille finissant leur journée de travail pénètrent dans l’antre d’un des géants de bétons ; alors qu’à quelques pas, d’autres font un smack à Mariejeanne pour se catapulter le temps d’une taffe à la hauteur des géants.
Je retrouve alors les trois personnes avec qui Rachid l’Ancien m’a mis en contact : Slimane, 32 ans, brancardier ; Abdel, 23 ans, formateur ; Youssef, 37 ans, enseignant en maintenance dans un lycée professionnel. Le temps de commander chacun ce qui nous fera peut-être crever dans 20 ans d’une maladie cardio-vasculaire et la discussion commence. Slimane et Youssef ont voté dimanche dernier contrairement à Abdel, qui a opté pour l’abstention mais a quand même suivi les résultats sur internet. ? Je préfère, lance Abdel, regarder les résultats froidement sur le net car les journalistes parasitent les plateaux télés. Et tous ces experts qui essayent de se mettre dans la tête des gens pour expliquer leurs votes… ?
Slimane, lui, a suivi toute la soirée des résultats et note qu’? en ce qui concerne les candidats de gauche, ils n’étaient pas triomphalistes malgré la victoire. La droite, elle, ne voulait pas reconna?tre la défaite, elle se cachait derrière l’abstention. C’est un peu normal, on était qu’au premier tour, il reste encore le deuxième. La droite veut limiter les dégats car ils se voient perdre au second tour. ? Quant à Youssef, pour lui ? c’est la même rhétorique et chacun essaye de taper sur l’autre, j’ai trouvé ?a ridicule. C’est une défaite de la démocratie, ces élections ! Des instances comme les régions, proches des gens, qui brassent des milliards d’euros, et tout le monde s’en fiche ! C’est grave ! ?
Arrivés à mi-parcours de leur grec, les trois amis se lancent dans des pronostics pour le second tour. Abdel, même s’il s’est abstenu au premier, garde un oeil sur le déroulement de l’entre-deux -ours, ? même si l’ UMP a perdu, ils peuvent avoir un report de voix positif du FN. On peut avoir un second tour intéressant ?. ? Mais non, lui répond Slimane, il y a deux électorats fidèles, l’extrême droite et la droite classique. L’électorat qui n’a pas voté est surtout celui de gauche, celui de droite est discipliné. ?
Voyant la flamme du débat s’allumer dans le regard de mes compères d’un soir et avec les deux types à l’entrée du grec, qui zyeutent sur mon portable, je décide de reprendre la main. Une gorgée de ? TropPico ? et c’est parti coco (non, ceci n’est pas un appel au vote communiste) ! ? Mais comment expliquez-vous la forte abstention durant les régionales qui comportent pourtant des enjeux de proximité ? ?
? C’est un problème de pédagogie, lance Slimane, les gens connaissent pas les pouvoirs et compétences de la région, ils savent pas que les formations qu’ils font ?a vient de la région. Quand on vote aux municipales, c’est le maire, tu le vois, tu le connais, là, le président de région, tu le vois jamais ! En plus, franchement, ?a n’a pas été assez couvert par les médias, il n’y a pas eu de débat de fond et si t’as pas été aux meetings ou à des rencontres avec les candidats, c’est mort. ?
? Je pense, poursuit Abdel, que les partis politiques sont en train de faire payer à la démocratie leur logique de communication. Ils payent les dernières élections où ils ont multiplié l’affect. Ces abstentions sont le résultat de Royal en maillot de bain et de Sarko en Ray-Ban sur un yacht. ? Et Abdel, revenant sur le pourquoi de son abstention, l’explique ainsi : ? Par rapport à mes convictions j’aime pas les compromis. Il y a des choses qui me déplaisent et d’autres qui me plaisent dans les partis actuels, mais j’ai du mal à voter pour le moins pire. Pour moi, le parti qui est le plus en phase avec lui-même, si tu enlèves sa logique clientéliste et raciste qui consiste à faire peur à la petite vieille, c’est le FN. Concernant leurs approches sur la place de la nation dans le monde, la lutte contre la mondialisation, ?a peut être un bon parti. ?
Ce que regrettent surtout Slimane, Abdel et Youssef, c’est que l’on ait passé à la trappe nombre de sujets qui leur semblaient pourtant importants : le Grand Paris, dont on n’a plus de nouvelles, la fusion de la zone 1 et 2 pour le transport, une meilleure visibilité au niveau des propositions, sur l’emploi, l’éducation… Au final, n’ayant pas trouvé chaussure à leur pied, comme nombre d’habitants de Bobigny (qui a enregistré 70% d’abstention lors du premier tour), chacun refait le monde à sa manière.
Ce qui est s?r, c’est que les candidats durant ces élections n’ont rien révolutionné. Entre coups bas, propos déplacés aux sujets des origines, du casier judiciaire, j’en passe et des meilleures, les candidats ont la mémoire courte. Il y a trois ans à Villiers-le-Bel ont éclaté de nouvelles révoltes, avec leur lot de violences, d’incompréhensions et de fractures. Autour de moi, je constate de plus en plus de travaux, de chantiers en tous genres, mais toujours le même manque. Ce quelque chose qui fait tache, ce sentiment quotidien quand on marche dans nos quartiers que l’on n’est toujours pas égaux.
réplique de montre
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